bébé crème pie

J’ai passé ma vie à être mon propre parent entre les shifts de my mom and dad. Maintes et maintes fois, je me suis pris par la main pour m’assoir dans un coin. Pour me consoler. Me questionner. Me remettre en doute. Pour pleurer, jouir et guérir. Pour prendre un break. Une fois, deux fois. Faire un burnout. Une fois, deux fois. M’en remettre. Chaque fois. Je suis partie vivre en appartement, j’avais quinze ans. Depuis, tous les jours, je me regarde aller. Je me regarde prendre soin de toutes les petites choses qui demandent que l’on s’occupe d’elles : le loyer, les plantes, l’amour propre, les poubelles, le compost, les lacérations au cœur en forme de textos qui ne reçeveront jamais de réponse, les nuits blanches, les matins de marde, les erreurs de parcours, les amours, les débarques, les idées, les folies, les grilled cheese un peu stone à deux heures du matin. Je me regarde faire le ménage et les lunchs et l’aide au devoir et aux demandes de subvention. Sur Instagram, j’écris des paragraphes pseudo-quétaines qui disent quelque chose comme tout s’effondre, mais aimons-nous … je l’écris, parce que c’est vrai et aussi, surtout, parce que je ne sais franchement rien faire d’autre qu’aimer. C’est peut-être pathétique, ou alors juste ce qu’il me fallait.

Il y a sept jours, j’ai scellé le sort. No baby never. Salpingectomie bilatérale par laparoscopie. Je n’aurai pas d’enfant.

Je ne lui apprendrai pas à faire du vélo, à dire merci et je m’excuse, à ouvrir ses bras comme pour promettre je suis là. Je ne lui apprendrai pas à réparer ses torts, à voir les nuances, à aimer les contradictions. Je ne lui apprendrai pas à nouer ses lacets, à rimer ses poèmes ni à boire les paroles des jeunes femmes dans les micro ouverts. Je ne lui apprendrai pas à survivre en étant une jeune femme dans les micro ouverts. Je ne pourrai jamais lui montrer la force tranquille, le chaos ambulant, le fun noir qu’on a à se rappeler que rien ne dure. Je ne pourrai jamais lui dire je te l’avais dit.

La parentalité est placardée dans nos vies depuis le berceau. Je lui renvoie un doigt d’honneur depuis environ toujours. Je n’apprendrai jamais à mon enfant à n’en faire qu’à sa tête. Dommage. Le speech aurait été grandiose. Je n’ai jamais su dire si j’étais en avance, en retard ou simplement dans le champs, mais j’avance un chemin qui me ressemble et si tout s’effondre, au moins, j’aurai aimé avec toute la virulence de celles qui ne vivent que pour elles-mêmes.

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