Don’t ask me about my demande de subvention and my dépôt de projet.

Je m’occupe en attendant une bio. C’est tout ce qu’il me manque pour soumettre et oublier. Soumettre. Et oublier. Pour l’instant, j’attends une bio et je perds mon temps sur Photoshop à faire des montages épais que peut-être douze personnes gros max vont voir. Peut-être deux vont les aimer. Je fais mon petit montage pour pouvoir publier mon petit chialage sur mon petit blogue de mon petit site web. Ce soir, je suis fatiguée. De bonne humeur, mais bien brûlée. J’ai le cerveau à burn. J’ai mis je ne sais trop combien d’heures à peaufiner la mise en page d’un document sensé convaincre des inconnu·e·s de croire spontanément en ma valeur artistique et celle de mes créations.

C’est weird pareil.

Se mettre en marché.

Se vendre.

En même temps, nos vies d’Européens colons capitalistico-bourges, c’est bien le marché. Vendre et acheter. Troquer son temps pour des signes de piasses pis des rabais partenaires. Depuis que j’ai quinze ans, je vends mes vendredis soirs pour pouvoir m’acheter un chandail et me faire livrer des pad thaïs pendant que dehors y fait moins trois cent mille facile pis que quelque part un gars espère juste se réveiller demain.

Je suis une militante de marde.

Ce matin encore je relisais une lettre de motivation écrit de mes mains. Une lettre où je me vends. Où je dis please pick me, madame l’entreprise, please pick me, I’m your girl. Je me relis et je me dis crisssssss pas pire pentoute ma belle.

J’écris avec aisance et je me vends bien, je connais mes plus grandes forces. Je les régurgite. Je suis facile d’approche. Efficace. Bonne. Je suis votre bonne fille. Votre bon petit produit d’importation privée, exportable et réputée.

Ce soir, c’est pareil, mais différent. Je vends mon projet. Regardez. J’ai de belles idées artistiques. Je suis fascinée par l’effort nécessaire à la survie des artistes. Vouloir créer demander tellement de paperasse. De pitch. De budget provisoire, de technique de vente et de répétition.

Demain, je travaille à mon vrai travail.

Le plate qui paie l’épicerie et le loyer.

Ce soir, j’aurai fait mon travail non rémunéré d’artiste pauvre.

(:

As-tu envie de me répondre?

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *